Pour la plupart d’entre vous, internautes qui suivez mon blog de temps en temps, vous avez certainement déjà pu remarquer le compte à rebours « Avatar day » dans le coin supérieur droit de votre écran.
La date de fin de ce décompte correspond au 16 décembre 2009, sortie du film Avatar, la nouvelle surper-production tant attendue de James Cameron. Mais aussi un projet qui fait parler de lui d’une manière bien singulière et pour le moins énigmatique.
Pour beaucoup, ce film arrive comme un cheveu sur la soupe, en laissant clamer la presse que « il y aura un avant et un après Avatar ».
Qu’est-ce que cette affirmation signifie au juste ? La révolution sous entendue est-elle réelle ou représente un simple coup de publicité bien anticipé ? James Cameron est-il scincèrement le passionné que le monde peu percevoir depuis bon nombres d’années ?
Autant de questions, faisant avant tout appel à la subjectivité de chacun.
Aujourd’hui, à deux jours de la sortie du film, j’ai décidé d’écrire une sorte de dossier historique de ces technologies du cinéma qui évoluent de manière exponentielle et relativement effrayante, pour ainsi dire. Mon objectif est qu’à la suite de ce dossier, vous puissiez réaliser l’importance des étapes qui ont rendu ce projet réalisable.
Votre parti pris sur cet événement n’appartiendra alors qu’à vous seul.
En novembre 1998, Marc Miance, jeune concepteur numérique français, agé de 22 ans à l’époque, monte son studio de conception 3d près de Paris (Attitude Studio). Il ne tarde pas à concevoir ce qu’il appellera un peu plus tard « son enfant ». Elle s’appelle Eve Solal, et elle est la deuxième personne virtuelle créée pour le show-business (la première étant Lara Croft de la franchise Tomb Raider).
En réalité, son ambition est de transformer un jour sa création en outil pour le cinéma. Contrairement
à Lara Croft qui est souvent incarnée par une vraie femme, Eve Solal serait exclusivement présente
à l’écran. Sa fille virtuelle aurait pu apporter quelque chose d’intéressant au cinéma, mais par
manque de confiance et d’intérêt financier direct, le projet s’est malheureusement effacé peu à peu.
Cependant, tout le monde ne tourne pas le dos à ce projet. Au Japon un homme très
connu reprendra bientôt l’idée de Marc Miance, pour concrétiser un projet extrêmement
ambitieux qu’il range depuis quelques années dans un placard. Cet homme c’est Hironobu
Sakaguchi, créateur de la série des jeux-vidéos Final Fantasy. Il décide alors de réunir une équipe de
choc pour faire un film d’animation entièrement en 3d et photoréaliste. Le sujet : Final Fantasy
bien sûr !
Il créé donc la troisième personne virtuelle destinée au show-business, et la première
à être projetée sur grand écran. Beaucoup de gens la connaisse déjà, voici Aki Ross.
Mignone n’est-ce pas ! Mais entièrement virtuelle !
Ainsi, le 15 août 2001, “Final Fantasy : The spirits within” est diffusé sur des millions
d’écrans de cinéma dans le monde. Véritable défi technique, le film prouve indirectement aux
sociétés de productions que les ambitions de Marc Miance sont réalisables. Par ailleurs, ce n’est
pas un personnage mais plusieurs qui naissent à travers ce projet.
L’aspect visuel est presque parfait, mais il existe encore un problème que la
technologie de l’époque à encore du mal à corriger : l’animation des personnages. L’équipe de
choc d’artistes CG ont alors élaboré un concept. Leur idée a été de compenser les défauts de
l’animation par l’exploitation de la gamme de mouvements que peut effectuer la caméra (zoom in,
zoom out, tremblements, travelling, etc.). Voici un extrait permettant d’observer cela de manière assez claire.
Hironobu Sakaguchi avait en fait la même ambition que Marc Miance. Il voulait que les
personnages du film deviennent des acteurs que le public aurait pu voir dans d’autres créations.
Seulement Final Fantasy n’a pas eu le succès prévu. En réalité, tous les fans du jeu-vidéo ont été
déçus car ils s’attendaient à une adaptation qui n’en n’est finalement pas une. Les années passent
et le projet est finalement rangé dans un placard.
Mais Marc Miance et Hironobu Sakaguchi, ont apporté de nouveau concepts qui ne
peuvent rester sans évolution. C’est donc un réalisateur très connu qui se penche sur le problème.
Ce réalisateur c’est Robert Zemeckis, qui nous a déjà offert le très célèbre “Back to the future”, ou
encore “Forest Gump” et “Cast Away” (in french : “Seul au monde”).
À Noël 2004, Robert Zemeckis nous offre ainsi “The polar express”. Le film est très
abouti visuellement même si le but n’est pas de faire du photo-réalisme mais plutôt un film pour
enfants.
Derrière ce film relativement commun, se cache en réalité une nouvelle technologie
qui apporte enfin une solution intéressante pour l’animation des personnages : la performance
capture. Ainsi Tom Hanks joue son rôle dans le film … et en vrai !
La qualité de cette image est un peu mauvaise mais si on regarde bien, on peut voir que l’acteur a plusieurs capteurs sur son corps et son visage. Ils captent en réalité les
mouvements et les expressions faciales de Tom Hanks, afin de les appliquer fidèlement au
personnage.
Le film fut un succès et le coût de la production fut rapidement remboursé. Robert
Zemeckis décide alors d’exploiter au mieux les capacités de cette nouvelle technologie. Il disparaît
donc dans ses recherches auprès de divers studios, pendant que Christian Volckman, un petit
réalisateur français, va bientôt permettre à Marc Miance de réaliser enfin ses ambitions.
En 2006, la France offre au cinéma un film d’animation révolutionnaire. L’aspect visuel
n’est pas réaliste mais volontairement recherché. La concentration technique se fait donc sur
l’animation des personnages. La performance capture a donc sa place et prouve une fois de plus
ses capacités. Si vous n’avez pas vu ce film je vous le conseille. Au moins pour l’aspect technique et
artistique.
Le nom de Robert Zemeckis a disparu des écrans de cinéma pendant trois ans, après le
succès de “The polar express”. En fait, ce film avait été une sorte de brouillon avant
d’entreprendre quelque chose de bien plus grand.
En 2007, Zemeckis réapparait, présentant au grand public une nouvelle avancée
technologique équivalente à celle qu’avait pu engendrer Final Fantasy six ans auparavant. Le
réalisateur décide même d’approfondir encore plus le réalisme en expérimentant la stéréoscopie
en 3d nommée IMAX 3D for “Image Maximum”. “Beowulf” apparaît alors comme le film
d’animation 3d le plus avancé technologiquement et le plus réaliste de l’histoire du cinéma.
Depuis la création du modèle expérimental Eve Solal, la technologie du film
d’animation réaliste a donc évoluée de manière exponentielle. C’est un peu effrayant, car on
pourrait se demander si un jour le métier d’acteur pourrait être radicalement changé et que
finalement tous les avantages d’un tournage en studio seraient possibles pour chaque film.
Il y a même eut un film sur ce sujet, Simone (for Simulation One) que je vous conseille
de voir. On pourrait se dire que bientôt arrivera une ère où il suffira de filmer un décor ou même
de le composer numériquement. Ensuite d’enregistrer le jeu des acteurs séparément pour
combiner le tout un peu plus tard devant un ordinateur.
Petit reportage sur la stéréoscopie et ses avancées. Très intéressant, aussi bien pour les gens qui ont encore un peu de mal à se visualiser les choses, que pour les autres.
Et c’est donc à ce moment précis de l’histoire de ces technologies du cinéma, que James Cameron tient enfin son rôle. C’est aux côtés de Andy Jones (le superviseur des effets spéciaux sur Final Fantasy) que Cameron prépare depuis maintenant plusieurs années, un univers tout entier ayant pour but d’accueillir une épopée promettant d’être grandiose. Une nouvelle langue a même été inventée par des spécialistes du domaine et la performance capture se combine une fois de plus à l’IMAX 3D dans le but d’atteindre un réalisme encore jamais connu de l’histoire du cinéma.
Le film aura finalement coûté la somme titanesque de 500 millions de dollars (la moité destinée au film, l’autre à l’exploitation et la publicité).
Voici donc une suite d’émissions, de reportages et d’extraits relatifs à ce projet de réalisation issu de l’imaginaire d’un grand enfant et qui, selon moi, pourrait bien marquer le début d’une ère nouvelle dans l’industrie du rêve.
Fasciné par le projet Avatar de James Cameron et le buzz qu’il génère, George Lucas se dit que le projet qu’il porte depuis plus de trente ans a encore de beaux jours devant lui. En effet, après deux trilogies au cinéma, deux saisons de la série d’animation The Clone Wars et un projet de série live, La guerre des étoiles n’en finit plus de truster les écrans, petits et grands. Ce qui pousse George Lucas à vouloir produire une toute nouvelle trilogie à l’aide de la technologie 3D.
S’il s’agit certes d’une rumeur probable, elle reste à prendre avec des pincettes puisque les studios Lucasfilm ne la confirment en aucun cas. Mais quitte à rester dans le domaine de la spéculation Lucas se cantonnerait à la production et laisserait la réalisation à d’autres. Et qui donc pour tenir la caméra ? On parle de Steven Spielberg ou Francis Ford Coppola. Rien de moins. Amis de longue date de Lucas, les trois compères se retrouveraient donc autour de ce projet on ne peut plus fascinant.
Il y a fort à parier que la trilogie en relief serait définitivement lancée si Avatar s’avère être le carton que l’on prédit. On verrait alors une fois de plus l’empire George Lucas et La guerre des étoiles contre-attaquer.
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